Test des nouvelles chaussures Specialized S-Works Ares 2

Specialized dévoile les S-Works Ares 2, des chaussures de cyclisme conçues pour les compétiteurs et étudiées pour offrir une connexion parfaite avec le vélo. Pensée pour optimiser la puissance, la précision et le bien-être du coureur, cette nouvelle itération promet un gain de performance tout en réduisant les pressions sur l’avant-pied. Une combinaison entre rendement et confort que nous avons voulu vérifier sur la route au cours d’un test sur plusieurs centaines de kilomètres, d’autant plus que le prix est très élevé.

Par Guillaume Judas – Photos : ©3bikes.fr/DR

Gros plan sur une chaussure de vélo
Les nouvelles Specialized S-Works Ares 2 sont techniquement très élaborées.

Reposant sur le succès des précédentes S-Works Ares, lancées il y a déjà quatre ans et couronnées lors de plusieurs championnats du monde, cette nouvelle version a été perfectionnée grâce aux retours des coureurs du World Tour et des pratiquants. L’objectif de Specialized ? Une chaussure qui supprime les mouvements parasites, optimise chaque watt fourni par le coureur et redéfinit la sensation de connexion avec le vélo, tout en restant confortable sur la durée.

Gros plan sur la face intérieure d'une chaussure de vélo
Les Specialized S-Works Ares 2 sont conçues pour proposer une connexion totale entre le cycliste et son vélo.
Gros plan sur l'avant d'une chaussure de vélo
Une nouvelle forme de chaussant a été appliquée, qui permet à l’avant du pied de mieux s’étaler à l’intérieur de la chaussure.

Bien que regroupant un certain nombre de caractéristiques propres à chacun des modèles haut de gamme des années précédentes chez Specialized, les S-Works Ares 2 ne viennent pas remplacer à proprement parler les S-Works Torch actuelles. Il s’agit d’une offre complémentaire, proposée au tarif très élevé de 549 €.

Vue de profil d'une chaussure de vélo
Esthétiquement, les Specialized S-Works Ares 2 devraient plaire à de nombreux pratiquants, surtout comme ici en blanc.

Une conception tournée vers l’efficacité

Les S-Works Ares 2 s’appuient sur le concept Body Geometry, une approche ergonomique validée scientifiquement. C’était déjà le cas pour les précédents modèles de la marque comme les S-Works Torch, mais la marque a voulu aller encore plus loin.

Gros plan sur la face intérieure d'une chaussure de vélo
Le système de fermeture est très efficace, tout en ne provoquant pas de point de pression.

Parmi les nouveautés, une forme de chaussant inédite élimine les flottements pour maximiser le transfert de puissance. Avec un contrefort de talon optimisé et un système de fermeture breveté avec une prise triangulaire, les Ares 2 offrent également un ajustement précis, ferme et sécurisé, et se positionnent comme une nouvelle référence dans le domaine des chaussures de compétition.

Gros plan sur le talon d'une chaussure de vélo
Le renfort de talon rigidifie la partie arrière de la chaussure.

Au-delà des explications fournies par Specialized, et fort de mon expérience dans le domaine, je pourrais résumer les nouvelles S-Works Ares 2 de la façon suivante : elles reprennent le maintien de talon hyper rigide des S-Works 7 (le modèle phare des années 2018 à 2021), le matériau de l’empeigne et la semelle extérieure des S-Works Torch (lancées en 2022) et le système de serrage des S-Works Ares (lancées en 2021). Mais contrairement à ces dernières, la partie avant des chaussures est un peu plus arrondie, avec un serrage à cet endroit positionné légèrement plus haut.

Serrage Boa d'une chaussure de vélo
Le serrage avant est positionné plus haut sur le pied que les S-Works Ares de première génération.

De ce fait, on ressent très vite un serrage très très (oui, j’insiste !) efficace au niveau du talon, du cou-de-pied et du médio pied en les chaussant, mais sans compression sur l’avant. Voilà qui promet avant de partir sur la route.

Body Geometry : la science au service du pied

Les technologies Body Geometry s’attaquent aux problèmes courants des cyclistes : engourdissement de l’avant-pied, sensation de feu au pied, affaissement de la voûte plantaire ou encore douleurs aux genoux.

Technologie Body Geometry
La technologie Body Geometry regroupe plusieurs concepts destinés à améliorer l’efficacité de pédalage. ©Specialized

Ces désagréments, qui affectent la puissance et augmentent le risque de blessure, sont corrigés grâce à un calage varus (une inclinaison de la semelle de 1,5 mm vers l’extérieur), un soutien supérieur de la voûte plantaire grâce à la structure même de la chaussure, un bouton métatarsien intégré à la semelle intérieure, et une nouvelle forme de chaussant.

Partie avant d'une chaussure de vélo
La nouvelle forme de chaussant à l’avant du pied réduit les pression.

Cette dernière résulte de l’analyse de plus de 100 000 scans issus des études posturales RETÃœL 3D et 2 000 heures de tests. Elle a pour objectif de s’adapter à la morphologie naturelle du pied, avec une boîte à orteils plus large pour un confort accru et une réduction significative de la pression sur des zones très sensibles.

Puissance et maintien réunis

Le système de fermeture triangulé, qui augmente la surface de contact de 20 %, associé à une zone de verrouillage repensée à l’avant-pied et à un contrefort de talon élargi, est conçu pour une stabilité optimale. Effectivement, ce système déjà proposé sur les premières Ares est très efficace. Le serrage est progressif grâce à la molette Boa Li2 en aluminium, bien réparti sur le dessus du pied, et surtout très ferme.

Gros plan sur le système de serrage d'une chaussure de vélo
Le système de serrage est progressif et très ferme.

Il s’appuie ici entièrement sur une empeigne avec un matériau synthétique relativement souple au toucher mais inextensible, contrairement aux Ares de première génération, sur lesquelles était utilisé un tissu en mailles moins rigide. La différence entre les deux modèles est ainsi très sensible au niveau de la rigidité ressentie au milieu du pied.

Empeigne d'une chaussure de vélo
Le matériau utilisé limite la flexion au milieu du pied.

À l’avant, le serrage a été légèrement décalé. Sur les premières Ares, il s’appliquait presque directement sur les métatarses, ce qui pouvait s’avérer parfois gênant pour le confort et la sensation de mobilité des orteils. Ici, il vient appliquer un maintien un peu plus haut sur le pied, donc moins contraignant sur la durée, et qui a pour effet de verrouiller les mouvements parasites en torsion au dessus de la voûte plantaire.

Talon verrouillé

Sur ces S-Works Ares 2, le concept de chausson des premières Ares est abandonné pour un retour à une languette presque traditionnelle, qui se superpose sur une bonne partie du dessus du pied. Grâce au placement des deux systèmes de serrage et à l’absence de pression exercée par les câbles Boa, cette languette n’a pas eu besoin d’être renforcée ou matelassée, ce qui présente un avantage en termes de respirabilité sur le haut du pied.

Languette d'une chaussure de vélo
La languette est fine, mais suffisante pour ne pas sentir de point de pression lié au serrage.

Au niveau du talon, on remarque un renfort rigide des deux côtés, comme c’était le cas avec les S-Works 7, alors que sur les dernières S-Works Torch par exemple, le renfort n’est placé que sur la face intérieure (côté pédalier). Cette caractéristique a pour effet de maintenir très fermement la talon, aussi bien dans la phase de poussée lors du cycle de pédalage que dans la phase de tirage.

Partie intérieure du talon d'une chaussure de vélo
L’intérieur du talon bénéficie d’une texture antidérapante qui amplifie la sensation de maintien.

En revanche, comme avec les S-Works 7, l’encolure de cheville un peu raide est susceptible de créer quelques petites gênes juste en dessous de la malléole. Cela a été le cas pour moi lors des premières sorties avec les chaussures.

Cheville d'un cycliste dans sa chaussure de vélo
Au niveau de l’encolure, le contact avec la cheville est assez rigide.

Semelle carbone ultra rigide

La semelle en carbone, d’une rigidité maximale selon les références de Specialized, complète cet ensemble pour offrir un soutien ergonomique à 360 degrés. Comme pour les S-Works Torch, la semelle est un peu plus large (4 mm) que sur les Ares de première génération, et elle a été redessinée pour gagner une vingtaine de grammes. Elle bénéficie d’une section transversale trapézoïdale avec un renfort interne en poutre en I pour la rigidité et des bords affinés.

Semelles carbone de chaussures de vélo
Les semelles carbone sont identiques à celles des S-Works Torch lancées en 2022.

On retrouve bien sûr les trois points de fixation pour les cales, avec la possibilité de les faire glisser vers l’arrière pour gagner 5 mm d’engagement supplémentaires. Cependant, ce pont sur lequel reposent les cales est plus étroit que la surface des semelles des Ares précédentes. En cas de réglage extrême (au niveau de l’engagement ou de l’angle), une partie de la cale peut se retrouver en porte-à-faux, ce qui n’était pas le cas sur les semelles des chaussures S-Works qui utilisaient l’ancienne semelle.

Cale de pédale montée sur une semelle carbone d'une chaussure de vélo
La semelle plus étroite peut laisser une partie de la cale en porte-à faux.

Sous la semelle à l’avant du pied, on retrouve une entrée d’air assez minimaliste, mais suffisante a priori pour éviter les coups de chaud les jours de grande chaleur. Surtout que la sensation de feu au pied résulte souvent d’une mauvaise circulation du sang sur le pied à cause des points de pression.

Gros plan sur le trou d'aération sous une semelle carbone d'une chaussure de vélo
L’entrée d’air à l’avant de la semelle est minimaliste. Mais elle ne semble pas poser de problème d’aération.

Confort intérieur

D’ailleurs, la semelle intérieure Body Geometry dispose d’un bouton métatarsien, une petite excroissance conçue pour écarter légèrement les os de l’avant pied et améliorer la circulation sanguine au cours de l’effort. Même si cette même semelle ne propose pas de soutien spécifique pour la voûte plantaire (des semelles supplémentaires sont disponibles), elle est déjà beaucoup plus élaborée que sur la plupart des modèles concurrents.

Notons qu’en raison de la nouvelle forme de chaussant, plus arrondie sur l’avant, Specialized lance parallèlement aux Ares 2 des nouvelles semelles intérieures avec un support de voûte plantaire Body Geometry. Pour un soutien sur mesure, au prix de 30 €.

Semelle intérieure d'une chaussure de vélo
Le petit renflement sur la semelle intérieure nommé bouton métatarsien permet aux os de l’avant du pied de bien s’étaler dans la chaussure.

Pour ceux qui souhaiteraient utiliser d’autres semelles intérieures, il faudra prendre garde toutefois au taillant de la chaussure. La S-Works Ares 2 taille très juste, plus en tout cas que la S-Works Torch. Choisir une demi-pointure supplémentaire par rapport aux autres chaussures Specialized pourrait être une très bonne idée.

Gros plan sur l'intérieur d'une chaussure de vélo
La finition intérieure, avec des éléments collés et l’absence de coutures, évite les points d’échauffement lors du serrage.

Reste qu’une fois bien installé à l’intérieur des chaussures, j’ai senti mes pieds plutôt à l’aise (sauf en longueur) que ce soit au niveau des appuis, ou au niveau des zones de contact avec l’empeigne. Même en serrant très fort, je n’ai pas senti de point de pression. Donc pas d’engourdissement. Pas d’onglée ni de point chaud non plus, en fonction des conditions météo.

Des chaussures pour les compétiteurs

À l’essai, j’ai rapidement été frappé par la puissance de serrage de ces chaussures Specialized S-Works Ares 2. J’ai les pieds fins, et particulièrement à droite. Sur tous les modèles du marché, je ressens toujours le besoin de resserrer la molette Boa au niveau du cou-de-pied, en ayant souvent la sensation de flottement entre ma cheville et mon talon. Très souvent, j’arrive à fond de serrage, mais il m’en manque encore pour ressentir une parfaite connexion avec le vélo.

Gros plan sur le serrage supérieur d'une chaussure de vélo
Le serrage est à la fois efficace et sécurisant.

Avec les Ares 2, j’ai encore de la marge. Je sens mon cou-de-pied se connecter totalement à la partie arrière de la chaussure. C’était déjà quelque chose que j’avais remarqué avec les Ares de première génération. La différence ici concerne le milieu de la chaussure, qui se déforme beaucoup moins. De ce fait, avec un serrage moyen, le pied conserve une petite liberté angulaire sensible lorsqu’on passe de la position assise à la position en danseuse. Mais avec un serrage maximum, la cheville est remise dans l’axe du pied, ce qui offre cette sensation de connexion totale.

Pied d'un cycliste dans une chaussure de vélo
Les S-Works Ares 2 permettent de ne pas gâcher d’énergie lors des efforts maximum.

Bien qu’un peu plus haut que sur les Ares, le serrage à l’avant ne sert qu’à stabiliser le pied. Il est inutile selon moi de chercher à serrer fort ici, le serrage sur le haut du pied étant largement suffisant pour ne sentir aucune perte d’énergie en pédalant. Et surtout, appliquer une pression sur l’avant pied pourrait annuler l’avantage de la forme de chaussant redessinée pour offrir plus de confort.

Car paradoxalement, j’ai trouvé les S-Works Ares 2 légèrement plus étroites que les S-Works Torch. Je ne sais pas si cette sensation est liée à un taillant plus juste, mais je n’ai en tout cas jamais éprouvé le besoin de serrer franchement à cet endroit.

Des chaussures destinées à durer

À savoir, le système de serrage en lui-même complique un petit peu le fait d’enfiler ou de retirer les chaussures. L’entrée est moins ouverte que sur les S-Works Torch. C’est un point à prendre en considération pour les triathlètes, qui pourraient être gênés au cours des transitions entre les différentes disciplines.

Pour ceux qui s’inquiètent du prix très élevé des chaussures, ou encore de leur couleur blanche, notons que l’entretien de l’empeigne est facile en cas de salissure, avec un coup d’éponge humide ou de lingette nettoyante. Les précédents modèles de chaussures Specialized ont d’ailleurs démontré en général leur durabilité, même sur le plan esthétique.

Gros plan sur l'avant d'une chaussure de vélo
Un renfort au niveau des orteils préserve l’intégrité des chaussures.

Parmi les détails destinés à assurer la durabilité, on note la présence d’un renfort à l’extrémité avant du pied. En revanche, la petite talonnette destinée à la marche n’est pas remplaçable. Cela dit, je n’en ai jamais vue de réellement usée.

Conclusion : puissance verrouillée et confort libéré

Avec les nouvelles S-Works Ares 2, Specialized repousse encore plus loin la technologie des chaussures, avec un modèle étudié dans les moindres détails pour allier confort et efficacité maximale.

Le pari semble réussi : je roule à vélo depuis 40 ans, et je n’ai jamais ressenti une telle connexion avec des chaussures, grâce à un serrage hyper puissant et progressif, mais sans points de pression. Et si les Ares 2 sont un petit peu raides au début, comme beaucoup de chaussures dédiées à la compétition, elles s’ajustent progressivement après quelques sorties. Attention cependant : elles taillent selon moi un peu plus petit que d’autres modèles chez Specialized.

Reste un prix hors norme : à 549 €, elles ne sont pas loin d’être les plus chères du marché. Heureusement à ce tarif, la finition est absolument sans défaut, la durabilité assurée, et elles sont fournies déjà avec des semelles intérieures plus élaborées que la plupart des concurrents.

Les SPECIALIZED S-WORKS ARES 2 en bref…

Les + : rigidité, serrage, finition, absence de point de pression, sensation de connexion totale avec le vélo
Les – : prix très élevé, chaussent un peu plus petit que d’autres modèles de la marque

Tailles disponibles : 36 à 49 (demi-pointures incluses entre 38.5 et 46.5)
Couleurs : White, Team White, Black, Green Gecko
Poids : 434 g la paire (taille 39)
Prix : 549 €Test des nouvelles chaussures Specialized S-Works Ares 2

Test des nouvelles chaussures Specialized S-Works Ares 2

Test des nouvelles chaussures Specialized S-Works Ares 2

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Contact : specialized.com

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Guillaume Judas

  - 54 ans - Journaliste professionnel depuis 1992 - Coach / Accompagnement de la performance - Ancien coureur Elite - Pratiques sportives actuelles : route & allroad (un peu). - Strava : Guillaume Judas

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